Ordre ici. Dette ailleurs.
ANTHROPIE propose une histoire longue des sociétés humaines à partir d'un concept central : la « dette entropique ». Toute production d'ordre – institutionnel, économique, technique, numérique – repose sur le déplacement de formes de désordre (dissipation énergétique, dégradation écologique, instabilité sociale) vers d'autres territoires, populations ou générations.
Sur sept « âges », de la domestication du feu aux architectures d'IA générative, ANTHROPIE suit les transformations des infrastructures matérielles (routes, empires, réseaux, machines, plateformes) et des imaginaires politiques qui les accompagnent.
Le livre peut ainsi être mobilisé comme :
Disciplines concernées : Histoire des techniques et des savoirs, histoire environnementale, économie politique, sociologie historique, philosophie politique, STS, études de l'Anthropocène.
Question centrale : Comment rendre visible la continuité d'une même mécanique de transfert de contrainte – énergétique, matérielle, sociale – sous des régimes politiques et économiques très différents ?
Ambition théorique : proposer un langage commun (« dette entropique », « âges de la contrainte ») pour faire dialoguer des travaux souvent séparés : dette souveraine, écologie politique, histoire globale, critique de la technique.
ANTHROPIE – Ordre ici. Dette ailleurs propose une histoire longue des sociétés humaines à partir d'un concept central : la « dette entropique ». L'ouvrage avance que toute production d'ordre – politique, économique, technique, numérique – repose sur le déplacement de formes de désordre (dissipation énergétique, atteintes écologiques, tensions sociales) vers d'autres espaces, d'autres populations ou d'autres temporalités.
En sept « âges » couvrant 3,3 millions d'années, le livre articule histoire des techniques, histoire environnementale, économie de la dette et études de l'Anthropocène. Il s'appuie sur 168 entrées historiques documentées, qui vont de la domestication du feu et des premiers outils à l'essor des empires, de la machine-État moderne, de la mondialisation énergétique et des architectures numériques contemporaines.
L'objectif théorique est double : (1) rendre visible la continuité d'une même mécanique de transfert de contrainte sous des régimes politiques très différents ; (2) proposer une grille de lecture unifiée des « crises » actuelles (dette publique, crise climatique, fragmentations sociales) comme manifestations d'un programme historique d'externalisation de la facture entropique. L'ouvrage se situe à l'intersection de l'histoire globale, de la sociologie de la technique et de l'économie politique critique, avec une vocation d'outil pour la recherche et l'enseignement supérieur.
ANTHROPIE – Order here. Debt elsewhere offers a long-term history of human societies through the lens of "entropic debt". Its central claim is that any form of social "order" – political, economic, technical or digital – is built by displacing disorder (energy dissipation, ecological damage, social instability) in space or time, onto other territories, bodies or generations.
Across seven "ages" spanning 3.3 million years, the book weaves together history of technology, environmental history, political economy of debt and Anthropocene studies. It draws on 168 documented historical entries, from early fire control and lithic tools to imperial infrastructures, the modern machine-state, global energy systems and contemporary digital architectures (platforms, data centers, AI).
The theoretical contribution is twofold: (1) to make visible the continuity of a single mechanics of constraint transfer across very different political regimes; (2) to provide a unifying framework for current "crises" – public debt, climate change, social fragmentation – understood as symptoms of a long-standing programme of externalising entropic costs. The book sits at the crossroads of global history, sociology of technology and critical political economy, and is designed to be mobilised in research seminars and advanced teaching.
Outils, feu, langage, mort ritualisée : chaque innovation crée une mémoire externe qui libère des capacités cognitives tout en nouant de nouvelles dépendances matérielles.
Sédentarisation agricole, comptabilité des stocks, premiers États hydrauliques : l'ordre se concentre dans les centres urbains, le désordre se déporte vers les campagnes, les corps serviles et les marges.
Rationalisation philosophique, routes impériales, monnaie : l'universalisme politique s'appuie sur des infrastructures qui unifient autant qu'elles hiérarchisent.
Circulation des textes, commerce à longue distance, techniques de copie et d'imprimerie : l'accès différencié à l'écrit et au capital façonne de nouvelles lignes de fracture.
Colonisation, esclavage, révolutions industrielles : la dette entropique devient planétaire. Les métropoles centralisent l'ordre politique et économique, les périphéries encaissent la facture matérielle et humaine.
Informatique, réseaux globaux, financiarisation : la vitesse et l'abstraction produisent des désordres invisibles, des dépendances logistiques et des vulnérabilités systémiques.
IA générative, infrastructures de données, automatisation décisionnelle : nous pilotons des architectures dont nous ne maîtrisons qu'une fraction décroissante, tandis que la facture énergétique et sociale se redistribue à l'échelle mondiale.
Extrait 1 – « Liberté sous contrainte »
« Trois heures du matin, vallée du silicium. Un développeur fixe son écran bleu. Le code devant lui n'a pas été écrit par un humain ; une intelligence artificielle l'a généré. Il débogue un système dont il ne possède plus les clés. Voilà notre condition : nous pilotons des architectures — économiques, numériques, climatiques — dont nous ne maîtrisons qu'une fraction décroissante.
Ici, le trading à haute fréquence tire en microsecondes et amorce des chaînes que nul n'anticipe ; là, des « villes intelligentes » confient aux capteurs le tri des flux — et déjà le plan d'ensemble se dérobe. Nous voilà gardiens de systèmes qui nous dépassent — responsables tout de même.
Pourtant, l'histoire n'est pas une mécanique sans surprise. Des bifurcations surgissent : l'abolition de l'esclavage après des millénaires d'évidence acceptée ; la chute du mur de Berlin en 1989, impensable la veille encore ; l'Internet, projet militaire mué en système nerveux de l'humanité. À chaque rupture, l'imaginaire a devancé le réel : des poètes ont rêvé l'abolition avant les juristes ; des artistes ont abattu symboliquement un mur avant les maçons ; des écrivains de science-fiction ont esquissé Internet avant les ingénieurs. Le futur n'est pas une surprise pure : c'est un rêve rendu plausible. »
Extrait 2 – « Le mécanisme immuable »
« Aujourd'hui, sept codes coexistent et s'entrelacent. Le ressort central reste immuable : la dette entropique ne se répartit jamais uniformément. Le pouvoir, c'est trancher où déplacer son désordre. Les riches climatisent, les pauvres suffoquent. Les métropoles brillent, les périphéries extraient. Le Nord consomme, le Sud produit. Le présent jouit, le futur répare. Ce n'est pas un bug : c'est le système — des oasis d'ordre achetées au prix de déserts distants. Ainsi se mesure la liberté : qui tient les vannes, qui encaisse la facture. »
Extrait 3 – « Le feu : premier contrat social »
« Premier contrat social : qui veille, qui nourrit, qui dort. On signe au présent — par roulement de garde, par tours de collecte, par part de bois et part de soupe. La flamme oblige : droits (chaleur, protection, repas) contre devoirs (surveillance, approvisionnement, entretien). Les règles se disent à voix basse, près de l'âtre : ne pas souffler trop fort, ne pas gaspiller les bûches sèches, prévenir avant de quitter le cercle. La justice primitive est thermique : la négligence se paie en froid partagé, la vigilance se récompense en coupes plus pleines. Autour du foyer, la coopération cesse d'être vertu ; elle devient condition de survie. »
Support de discussion dans des séminaires sur l'Anthropocène, l'histoire environnementale, la dette, la critique de la technique ou la sociologie historique de l'État.
Chapitres utilisables comme base de cours sur les transitions énergétiques, l'histoire globale, la géopolitique des infrastructures, la pensée écologique et les humanités numériques.
Point de départ pour des mémoires et études de cas : qui assume la « dette entropique » d'un territoire, d'un secteur (transport, numérique, agriculture), d'un dispositif précis (barrage, data center, port) ?
Format bibliographique (FR) :
Lalut, Stéphane. Anthropie : Ordre ici. Dette ailleurs. Paris : L'Odyssée des idées, 2025, 606 p. ISBN 978-2-9586347-2-8.
Format bibliographique (EN) :
Lalut, Stéphane. Anthropie: Order here. Debt elsewhere. Paris: L'Odyssée des idées, 2025, 606 pp. ISBN 978-2-9586347-2-8.
Un exemplaire numérique intégral (Kindle) peut être fourni pour :
Pour toute demande, écrire à : stephane---l@outlook.fr
Économiste de formation (Ph.D., 1990), Stéphane Lalut a mené sa carrière dans le secteur privé avant de se consacrer à la recherche indépendante et à la vulgarisation des mécanismes économiques et politiques. Pourquoi les crises se répètent-elles ? Pourquoi l'ordre ici engendre-t-il la dette ailleurs ? Il explore ces questions à travers ce qu'il nomme l'« archéologie conceptuelle » : une méthode qui fouille 3,3 millions d'années d'histoire humaine pour révéler les structures invisibles qui organisent notre monde.
Fruit de sept années de travail, ANTHROPIE déploie cette enquête en 600 pages et 168 entrées documentées — de la domestication du feu aux algorithmes d'intelligence artificielle. Également auteur de Dette Publique : Qui paie vraiment ?, il défend une conception de la culture comme bien commun, reflétée dans un prix numérique volontairement accessible.